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Mr Giscard

31.03.22 ● L'Aérogare Metz

Mr Giscard - Chanson Pop

+ Kodiak Pooky + Last News From Disco (DJ Set)

Il s’appelle monsieur Giscard. Il n’a jamais été centriste, ni président, et sûrement n’a développé aucun tropisme pour les diamants. Mais comme son prénom est Valery, il fut un temps où lorsque ses interlocuteurs lui demandaient la nature d’un tel prénom masculin, le jeune homme avait pour habitude de répondre : « Valery ? Comme le président ». Du coup c’était presque devenu naturellement un nom composé et c’est ainsi resté. Gonflé, c’est aussi une manière de s’attribuer une carte d’identité qui atteste d’une volonté de mettre de la distance et du décalage en toute chose. Monsieur Giscard, contrairement à son illustre roi républicain, a de quoi tenir ses promesses avec ce premier programme musical de cinq titres qui pourrait bien provoquer une révolution de velours dans le monde de la chanson française.

« Pho » première chanson écrite il y a trois ans qui témoigne avec force de l’une des grandes caractéristiques de la psyché de monsieur Giscard. Qui ne cesse de creuser les questionnements autour des déséquilibres de la relation homme femme. Chanson de lendemain de cuite. Après l’euphorie de l’alcool vient la création salvatrice. Monsieur Giscard parle de cette urgence d’amour, celle de sa génération noyée dans les paradis artificiels par peur de s’engager. La chanson pourtant va plus loin et exprime en creux le combat incessant entre l’amour et le sexe. Et interroge leur destin commun dans le temps, vers une inéluctable incompatibilité. Chacun peut comprendre ce qu’il veut dans les chansons libres de monsieur Giscard.

C’est donc un grand pacificateur, un idéaliste, un étranger chez lui, un musicien spontané, un sociologue qui s’ignore. Quelque chose du Baudelaire secret, qui écrivait dans son journal intime une suite de sentiments : « les airs charmants et qui font la beauté sont : l’air blasé, l’air ennuyé, l’air évaporé, l’air impudent, l’air de regarder en dedans, l’air de domination, l’air de volonté, l’air malade, l’air chat, enfantillage, nonchalance et malice mêlés… ». Monsieur Giscard en respirant les fleurs du mal contemporaines nous offre de bien belles illuminations.